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Ombres

Najati Al-Bukhari

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Le berger

Un autre petit, un de mes amis, était destiné à être un berger de troupeau de brebis. Tous les petits garçons du quartier le connaissaient comme le petit berger. Ce petit s'appelait Saleh, le prénom de son grand père. La famille de Saleh était la seule à rester fidèle à leur métier, l'élevage des brebis et des moutons. Tout le reste des habitants s'adaptaient au changement du temps et devenaient des commerçants, des artisans et des fermiers.

A partir de l'âge de quatre ans, Saleh, le fils aîné de son père, commençait son apprentissage pour apprendre le métier de la famille. Il accompagnait son père, le berger, au pâturage au dehors du quartier du côté ouest. Le père, de l'âge de quarante ans, adorait son troupeau et il connaissait presque chaque brebis individuellement. Quand il sortait quotidiennement au pâturage il portait avec lui le repas du midi dans une quantité suffisante pour lui et pour son apprenti, son fils, Saleh, composé de pain, d'ognon, de tomate et d'olive verte. Il portait avec lui aussi une outre pleine d'eau de la source pour lui et pour son fils. Le berger portait aussi à sa main gauche une canne, une sorte de long bâton, qui était utilisé principalement pour contrôler et compter le nombre de son troupeau. Bien entendu, le berger s'appuyait sur sa canne quand il se sentait fatigué.

On ne doit pas oublier le petit chien du berger qui s'occupait du troupeau des brebis depuis trois ans. Le chien ramenait toujours toutes les brebis égarées. On a parlé d'un loup blanc qui avait l'habitude d'attaquer les brebis dans le pâturage. C'était facile pour le loup d'attaquer le troupeau quand le chien était petit. Peu à peu, le chien devenait de plus en plus capable d'avertir le berger de la présence du loup et quelquefois de chasser le loup loin d'où se trouvait le troupeau. Saleh adorait le chien et le considérait comme le vrai ami. Les deux, le chien et mon petit ami, Saleh, étaient presque ensemble tout le temps quand le troupeau regagnait la bergerie dans le quartier.

Le berger portait avec lui une petite flûte fabriquée par des artisans d'un pays lointain depuis plusieurs générations. Cette flûte, bien que très ancienne, donnait parfaitement de la mélodie et des airs comme si elle était fabriquée peu de jours avant. Cependant, l'histoire de cette flûte va au delà du fait qu'elle était ancienne. Quand le berger, le père de Saleh, jouait sur sa flûte dans le pâturage au-dessous d'un arbre solitaire, surtout tôt au matin, toutes les brebis se calmaient et venaient proche de lui pour écouter aux mélodies de la flûte.

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De plus, les airs joués sur la flûte invitaient et attiraient des autres adorateurs des mélodies sortant de cette flûte miraculeuse. C'étaient les serpents, toutes sortes des serpents, les grands et les petits, les noirs et les gris, les sifflants et les souriants. Tous ces reptiles rampaient vers la source de la mélodie afin d'écouter au berger qui ne cessait pas de jouer sur sa flûte. Au moment où le berger éloignait la flûte de sa bouche, les serpents se disparaissaient au fond de la terre du pâturage.

Toutefois, le berger, le père de Saleh, n'avait jamais raconté l'histoire de l'apparition des serpents quand il ne jouait sur la flûte à personne dans le quartier. Il a exigé de son fils de ne pas parler aux petits garçons du quartier sur l'effet de la flûte sur les serpents du pâturage.

Graduellement, Saleh apprenait facilement à jouer sur la flûte. A vrai dire, il surpassait dans ce domaine artistique son père. Car quand il jouait sur la flûte un grand nombre des serpents venaient à lui écouter. L'énigme de la flûte miraculeuse restait un secret et personne n'en était au courant à l'exception du berger et son fils.

Chaque jour, au lever du soleil, le petit berger, Saleh, se réveillait de son sommeil profond et de ses rêves pour se préparer à accompagner son père au pâturage à côté ouest du quartier.

-Pourquoi es tu pressé de sortir de la maison de bonne heure du matin? Tous les gens dans le quartier sont encore dans leur lit, même ceux qui ont l'habitude d'aller à la mosquée pour la prière de l'aube. Ton père est encore dans son lit aussi bien que tous les autres membres de la famille, ton petit frère et tes quatre soeurs. C'est vraiment très tôt pour débuter le travail du jour. Dit la mère à Saleh avec un ton de surprise.

-Ne t'inquiète pas mère. C'est très normal pour un garçon de mon âge, de ma vivacité et de mon enthousiasme, de se réveiller avec le lever du soleil. Mon père à besoin de plus de repos parce que hier était un jour fatiguant pour lui. Répliqua Saleh à sa mère.

-Qu'est-ce que tu veux dire, mon fils? Dis-moi franchement la vérité. Qui se passait-il hier dans le pâturage? Demanda la mère à Saleh qui se tenait en silence et ne regardait pas sa mère. Saleh cachait dans la profondeur de son esprit un secret qu'il n'osait pas raconter à sa mère.

-Non, je te dis ne t'inquiète pas. Tout va bien. Il n'y rien d'extraordinaire. Rétorqua Saleh.

-Est-ce qu'il est malade, souffrant d'une maladie grave? Dit la mère.

-Il n'y a rien de grave. C'est normal pour lui de dormir jusqu'à maintenant. N'est-ce pas? Demanda Saleh. Mais la mère n'était pas convaincue que tout va bien dans le pâturage.

-Mère, hier était le dernier jour du travail de mon père. Bien que je sois seulement de six ans, mon père m'a dit que, à partir de ce jour, je suis le berger responsable pour emmener le troupeau de brebis au pâturage. Mon père veut se consacrer plus de son temps aux activités agricoles et sociales comme tous les adultes de son âge dans le quartier. Dit Saleh à sa mère.

-Vraiment, c'est une surprise pour moi. Il ne m’avait rien dit concernant son intention de cesser d'être le berger du quartier. Tu es dans un âge très précoce de devenir la seule personne responsable du troupeau de brebis. Tu es encore un petit garçon qui doit s'occuper de jouer et de s'amuser avec les autres petits garçons du quartier. A l'âge de six ans on ne peut pas faire aucune activité à l'exception de jouer dans la grand-place et à la source d'eau depuis le matin jusqu'au soir. S'expliqua la mère à son fils.

-Non, non, mère. Ne dis pas comme ça. Je suis d'une famille de berger et je dois être fidèle à nos brebis et à nos traditions et notre métier. De plus, je suis un cas exceptionnel. Je décidais de devenir le berger de la famille au commencement de l'âge de six ans et d'aujourd'hui.

La mère de Saleh lui préparait un petit sac pour son alimentation du midi et une bouteille de l'eau de la source. Pour le petit déjeuner Saleh a mangé rapidement un morceau du pain avec du fromage blanc. Puis il a pris une tasse de thé. La mère embrassait son fils affectivement et lui souhaitait une journée pleine de bonheur et de succès. A la porte de la maison, Saleh s'arrêtait tout soudain sur le seuil et dit à sa mère:

-Mère, j'ai oublié une chose très importante pour mon travail. Sa mère l'interrompit et lui dit:

-ça doit être quoi. Tu as le sac du repas du midi et de l'eau. Puis sa mère s'interrompit à parler un peu, se contemplait, puis elle reprit sa conversation avec son fils.

-Oui, oui, mon fils, tu as oublié la canne qui ton père porte quand il s'en va avec le troupeau au pâturage. Dit la mère à Saleh.

-Ne t'inquiète pas. La canne est dans la bergerie, Je la prendrai. Ce n'est pas un problème. Répondit Saleh.

Saleh se dirigeait vers la bergerie. Il ouvrit la porte et se mit à faire sortir les brebis de leur enclos.

Avant il a commencé à mener le troupeau vers le pâturage, sa mère lui dit qu'il a oublié la flûte. Bien entendu, Saleh était heureux que la flûte l'accompagne et qu'il va jouer de la flûte au-dessous de l'arbre solitaire.

Le petit berger emmenait son troupeau au dehors de l'enclos de la bergerie vers la source et le cours d'eau pour donner les brebis le temps suffisant pour boire. Là-bas, moi et quatre de mes amis, nous nous étions déjà rendus à la source avec l'intention de nous rassasier de l'eau avant le commencement de jouer et de nous amuser dans la Grand-Place.

-Bonjour Saleh. Où se trouve ton père maintenant? Est-ce qu'il est malade? Lui demandai-je.

-Mon père est encore dans son lit. Il dort. Moi-même, je vais au pâturage seul sans mon père. Dorénavant, je suis le berger du quartier. J'espère que je serai un bon berger comme mon père. Répondit Saleh.

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-Sans doute, sans doute, tu es déjà un bon berger. Tu as fini plus d'une année de l'apprentissage avec ton père. Tu même maîtrises de jouer de la flûte et de compter les brebis. Mais cette canne est très longue pour toi. Elle a le double de ta taille. Il faut chercher une autre plus petite. Rétorquai-je.

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-Non, cette cane appartient à notre grand père. Elle est une pièce très chère de notre patrimoine familial. Je préfère ça, celle de mon père, je l'adore, bien qu'elle soit plus longue que ma taille. Regardez, mes amis, je ne trouve aucune difficulté en la porter et pour l'utiliser pour contrôler et compter les brebis. Répondit Saleh.

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-Montrez nous la flûte, celle de ton père. Peux-tu jouer de la flûte comme ton père. Demandai-je à Saleh qui se montrait qu'il était pressé et qu'il devait quitter la source et se diriger vers le pâturage.

-Bien sûr, la flûte est maintenant avec moi, cachée dans ma robe. Rétorqua Saleh.

-Toujours au passé et jusqu'à hier, nous entendions les échos de la mélodie produite par la flûte. Cependant, au même temps, nous entendions avec la mélodie un autre type de tons et peut-être de bruit, ou plus précisément le sifflement des serpents. Rétorquai-je.

Le petit Saleh était surpris de savoir que les petits garçons du quartier entendaient le sifflement des serpents venant un peu comme de bruit. Il ne voulait pas déceler le secret de la flûte et des serpents à ses amis les petits garçons. Sans démontrer aucune inclination à rester plus de temps avec ses amis de peur qu'il ne soit obligé à parler sur le secret de la flûte et des serpents, il se mit à marcher vers l'ouest et le pâturage. Les trente brebis qui composaient son troupeau étaient devant lui. Le chien, tout le temps, courait autour du troupeau pour leur dire qu'il était là-bas et qu'il était prêt à les défendre et à les sauver. Saleh, avec son troupeau, montait la colline qui séparait le quartier de l'espace verte du pâturage.

Peu à peu, le soleil se levait de l'horizon. Le ciel bleu et clair était comme une mer vaste et sans limite. De temps à l'autre, de bande des oiseaux s'envolaient au-dessus du troupeau. La brise du matin soufflait gentiment en passant et touchant les brebis.

Quand la colline était traversée par Saleh et son troupeau, la prairie et ses herbes vertes et fraîches se présentaient. Le berger ressentait satisfait et heureux de voire le pâturage devant lui. L'arbre solitaire l'attendait pour lui offrir l'ombre et l'abri pour s'asseoir et pour se reposer. Dès que les brebis sont arrivées là-bas elles se dispersaient partout soit en groupe soit individuellement pour se nourrir de l'herbe.

Peu après son arrivée au pâturage, Saleh se dirigeait vers son abri au-dessous de l'arbre solitaire. Il a sorti sa flûte de sa robe et il jetait de coups d'oeil d'admiration sur son petit instrument musical. Ensuite, il se mit à jouer de la musique. Ses petits doigts avaient commencé à faire les déplacements nécessaires sur les trous de l'instrument tandis que sa bouche avec l'aide de ses lèvres, soufflait à l'intérieur de la flûte. Les mélodies se répandaient partout. Sans retard et instantanément les herbes devant lui se transformaient aux serpents de toutes sortes.

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Dès que Saleh s'avançait en jouant la mélodie désirée tous les serpents se mirent à danser. Saleh, au lieu d'être un berger, était devenu un charmeur des serpents. Les brebis étaient également enchantées par la mélodie produite par la flûte et se sentaient dans une joie immense. A midi, Saleh s'arrêtait de jouer de la flûte parce qu'il était le temps pour prendre son repas. Il n'avait pas vraiment de faim ni de soif. Cependant, il mangeait tout ce qu'il portait de la nourriture. Tandis qu'il il se nourrissait, les serpents avaient disparu et les herbes, encore une fois, décoraient le paysage printanière. Après la fin de son repas il se reposait dans une sieste profonde. Toutefois, le chien l'a réveillé de son sommeil. Saleh recommençait à jouer de la flûte, et les serpents dansaient et sifflaient partout. De temps à l'autre, le chien aboyait.

Le soir s'approchait de la prairie, le crépuscule envoyait ses rayons jaunes et rouges et les oiseaux dans l'horizon s'envolaient paresseusement pour gagner leurs nids des alentours. Egalement, Saleh, se préparait pour regagner chez lui et l'enclos de la bergerie. Sa mère l'attendait avec inquiétude sur le seuil de la maison. Son père s'était encore occupé dans ses activités agricoles.

-Est-ce que tout va bien aujourd'hui dans le pâturage. C'est ton premier jour comme le berger de la famille aussi bien que du quartier. Au long de la journée je m'inquiétais beaucoup pour toi. Tu es encore un petit garçon, même un bébé. Dit la mère à son fils.

-Ecoute mère, je ne suis plus un enfant. Je peux faire mon travail dans une manière très satisfaisante et acceptable. Regarde, les brebis dans l'enclos. Toutes sont saines et sauves. Viens avec moi à l'enclos et essaye de les compter. Il n'y a pas une seule brebis égarée ou perdue. Elles sont trente. Et voilà notre chien et là-bas dans un coin de la bergerie se repose ma canne. Et voilà le sac vide de la nourriture, l'outre et la flûte. Répondit Saleh à sa mère. Puis après une pause courte, il reprit les paroles. C'est un jour parfait. Je suis vraiment maintenant le berger de la famille.

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-Ecoute-moi, fils, tout le monde dans le quartier et surtout les petits garçons affirment d'avoir entendu le sifflement d'un grand nombre de serpents au cours de la journée. Bien entendu, nous avons l'habitude d'entendre un tel sifflement au passe mais il n'était pas aussi intense que celui de ce aujourd’hui. Demanda la mère.

-Comment peux-tu parler comme ça. C'est une sorte d'hallucination et d'imagination. Ça ne peut être que le sifflement du vent qui vient de l'ouest de notre quartier et rien d'autre. Répliqua Saleh à sa mère qui montrait sa surprise et son indignation à cause des efforts de son fils de lui convaincre qu'il n'y a rien.

-Tu peux dire, et même me convaincre que j'hallucine... moi seulement. Mais tu ne peux pas dire que tous les habitants du quartier hallucinent. Dis moi mon fils la vérité et maintenant. Ordonna sévèrement la mère.

-Ecoute mère, je fais mon travail dans la même façon que celle de mon père et de mes ancêtres. Rétorqua Saleh.

-Viens mon fils, viens avec moi à l'intérieur. Tu dois te reposer et te nourrir. Ensuite, il faut que tu dormes même avant l'arrivée de ton père car tu dois réveiller avant tout le monde demain matin. Sollicitait la mère de son fils.

Saleh se baignait rapidement, prenait son dîner, dit bonne nuit à sa mère, ses soeurs et frères et il se dirigeait vers son lit pour dormir. Le père de Saleh regagnait chez lui un peu tard. Il voulait parler à son fils, mais celui-ci était déjà endormi. Le père avait envie de savoir ce que se passait à son fils, le berger, dans le pâturage. Il voulait savoir plus des serpents dansants et sifflants. Néanmoins, le fils s'était déjà plongé dans ses rêves. La mère de Saleh lui informait que le premier jour du travail de leur fils se passait sans difficultés et que Saleh était un peu fatigué et avait besoin de s'endormir immédiatement après la fin de son dîner. Le père ne dit rien à sa femme car il aussi était vraiment fatigué. Il se baignait, se nourrissait et ensuite, il était allé à sa chambre pour dormir.

Les jours du petit berger se déroulaient dans une manière normale et sans surprises. Chaque jour, tôt au matin, il était allé à la prairie avec son troupeau des brebis et son chien. Il revenait au soir. Nous, les petits garçons du quartier, souhaitions toujours de jouer avec ce petit, au moins pour un jour seulement par semaine ou par mois. Un jour nous étions surpris de trouver Saleh prés de la source, sans son troupeau des brebis, sans sa canne ni son sac noir. Il s'asseyait sur le rocher de la source et regardait l'eau jaillissant. Le moment il nous a vus se dirigeant vers lui, il se mit debout excité. C'était la première fois que nous le trouvions depuis plusieurs jours sans son troupeau. Moi, plus que les autres petits, je me sentais en joie et bonheur de voir Saleh avec nous. Il nous a regardés et il s'esquissait un sourire sur son visage. Ensuite, il se dirigeait vers nous.

-J'ai enfin un jour de congé. Mon père, lui-même, a emmené le troupeau des brebis au pâturage aujourd'hui. Il m'a dit que je devais avoir un jour de congé pour me donner la chance à jouer avec vous tous. Je suis en train d'oublier comment on joue avec les amis, les petits garçons du quartier. Dit Saleh en s'adressant à nous tous.

-Ca sera un jour inoubliable pour nous. Car nous allons nous amuser comme avant. Toutefois, et avant tout tu dois nous raconter comment tu t'occupes le temps au long du jour dans le pâturage. Lui dis-je.

-Il n'y a rien particulier ou extraordinaire. Je fais mon travail comme tous les bergers du monde. Mon devoir principal est de protéger les brebis contre l'attaque des agresseurs comme les loups. Mais le plus important devoir est de ne pas perdre une seule brebis. Répondit Saleh à tous les petits.

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-Est-ce que tu dis la vérité où tu caches un aspect important de ton travail? Demandai-je.

-Je ne comprends pas ce que tu veux dire. S'il te plaît parle avec moi sans ambages. Dit Saleh qui était étonné d'entendre mes questions.

Le dialogue des sourds s'arrêtait parce que Saleh ne voulait pas déceler les secteurs de son travail. Nous sommes déplacés de la source et le cours d'eau à la grand-place. A ce temps-là de la journée nous étions sept garçons, moi-même, Saleh et cinq autres. Au long du jour, tous les autres garçons du groupe venaient à nous joindre dans notre amusement.

Le comportement de Saleh ne se montrait aucun symptôme étrange. Il participait sans hésitation dans tous les jeux et il s'amusait comme tout le monde. Cependant, de temps en temps, il s'arrêtait de jouer et prêtait les oreilles attentivement pour entendre de bruit de sifflement venant de la prairie. Sans doute, il avait entendu de bruit que nous ne pouvions pas entendre. Tandis qu'il écoutait, il souriait et quelquefois il poussait des cris bas. En bref, nous pensions qu'il était souvent dans des rêves. Malgré tout ce comportement étrange de la part de Saleh, le jour avec lui se passait dans une façon intéressante et normale.

Le jour suivant, Saleh était allé à la prairie avec son troupeau et son chien. Rien n'était extraordinaire au long de la journée. Au contraire, Saleh trouvait ce jour-là comme un des meilleurs. Les brebis se nourrissaient pleinement, le chien jouait tout le temps avec les brebis et les serpents dansaient et sifflaient quand Saleh se mit à jouer de la flûte. La fin du jour était arrivée et le crépuscule envoyait des signaux que le soir viendra dans peu de temps.

Saleh se dit que c'était le temps pour regagner la maison et la bergerie. Il ne restait des ses activités quotidiennes que de compter les brebis. Avec l'aide de sa canne longue il a compté les brebis deux fois. Pas une seule brebis ne manquait. Il y en avait trente. Ensuite, il a donné le signal pour aller vers le quartier. Les brebis connaissaient déjà très bien le chemin vers leur destination, la source de l'eau dans le quartier, pour boire jusqu'à satiété. De la source le troupeau s'en allait à la bergerie. Avant d'y entrer, le petit Saleh se mit debout devant la porte de l'enclos et s'apprêtait à compter les brebis. A ce moment-là, le chien n'était pas à l'aise. Il montrait des signes inquiétude et a commencé à aboyer sans cesse. Saleh était surpris du comportement du chien. Il se sentait que quelque chose se passait à son troupeau. Néanmoins, l'aboyant du chien ne l'empêchait pas de compter les brebis avec l'aide de sa canne. Le compte ne tardait pas à s'achever. Enfin, c'était la surprise. Le compte ne donnait que vingt neuf brebis. On a manqué une. Malheureusement, la plus petite brebis n'était pas parmi le troupeau. Saleh décidait de répéter le compte une fois encore. Pourtant, et à sa surprise, il y avait une brebis qui manquait. C'était la plus petit. Saleh était frappé par une confusion totale. Pour quelques moments, il restait où il était se plongeant dans un monde noir.

En effet, l'obscurité s'était déjà installée partout et il n'y avait rien à faire pendant toute la nuit. Il n'était pas possible de chercher la brebis égarée au fond des ténèbres de la nuit. Le père de Saleh sortait pour savoir ce qui se passait dans la bergerie. Il a vu son fils dans une condition déplorable. Quand il s'approchait de Saleh il a constaté que des pleurs coulaient en abondance sur son visage.

-Père, je suis désolé et triste. J' ne sais pas quoi faire. C'est la plus petite brebis qui manque. Je suis sûr qu'elle est encore là-bas dans la prairie, perdue et ne sachant pas quoi faire. Déclara Saleh à son père.

-As-tu compté les brebis avant de descendre la colline. Demanda le père.

-Oui, oui, père. J'ai fait le compte deux fois et chaque fois il y avait trente brebis. Répliqua Salih à son père.

-Donc, la brebis s'égarait dans le chemin du retour à la bergerie. Dit le père en essayant de trouver d'explication acceptable pour la disparition une petite brebis.

-Non père, moi et le chien, nous étions très attentifs de ne pas perdre une seule brebis. Répondit Saleh.

-Peut-être, le loup a-t-il enlevé la petite et la dévorait très loin dans la prairie. Rétorqua le père.

-ça peut être une explication raisonnable. Mais je suis sûr que le loup ne se montrait pas aujourd'hui. Peut-être a-t-il été ailleurs dans la prairie. Répliqua Saleh.

-Ecoute-moi, mon fils, je pense qu'il est maintenant très tard pour aller et monter la colline pour chercher la brebis. Il faut demain laisser le troupeau dans la bergerie, et te consacrer avec le chien à trouver la brebis perdue. Ordonna le père.

-Je suis désolé père. Demain, je la trouverai quelque part dans la prairie. Elle ne peut pas aller loin. Dit Saleh.

La mère de Saleh écoutait à son époux et à son fils de loin, du seuil de la porte de la maison. Elle ne sentait pas qu'elle devait interférer. Quand elle a constaté que les deux allaient vers la porte, elle avait disparu dans l'intérieur de la maison. Saleh ne tardait pas à se baigner et à se nourrir. Ensuite, il a couché rapidement dans son lit.

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Au cours de la nuit il avait des cauchemars qui l'avaient effrayé. En effet, il a témoigné dans un rêve une bande de loups féroces et sauvages qui attaquaient la petite brebis. Dans peu de temps rien n'en restait que la peau et les os. Puis les loups ont commencé à danser sur deux pattes comme des ours. Dans un autre cauchemar, Saleh avait témoigné que la brebis tombait du sommet d'une falaise. Plusieurs fois, Saleh s'était réveillé au milieu de la nuit transpirant. Pour lui, c'était une nuit blanche. En effet, il attendait l'éclosion de l'aube patiemment pour partir avec son chien à la recherche de la brebis perdue.

Au matin, le père et la mère attendaient Saleh dans le salon.

-Je suis sûr que tu la trouveras dès que tu seras là-bas. Dit le père à son fils en l'encourageant.

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-Ne t'inquiète pas père, ça sera très facile pour moi de sauver la brebis. Elle est maintenant quelque part dans la prairie. Dit Saleh.

-J'en suis sûr. Tu vas accomplir ta mission avec succès. Dit le père à son fils.

Saleh se mit à marcher avec la canne à la main et le chien devant lui. Ils ont monté la colline jusqu'à la prairie. Le père restait à ce jour-là chez lui en attendant son fils et la brebis. Le temps se passait lentement. Chaque heure était aussi longue que l'éternité. Le midi était arrivé mais il n'y avait pas de signes indiquant que le fils était dans son chemin vers la bergerie accompagné de la brebis égarée. A partir du midi, le père s'inquiétait à cause du retard de Saleh. "Pour quoi est-il en retard?" "Qu'est-ce qui se passait au sommet de la colline?" Se demanda le père.

Le temps s'avança et le soleil débutait sa descente vers l'horizon. Dans peu de temps la nuit aurait été arrivée. Le père décidait qu'avant la tombée de la nuit il fallait qu'il allât au pâturage pour secourir et sauver son fils. Il a pris la décision d'accompagner avec lui certains des amis de son fils pour l'aider à la recherche de Saleh. Bien entendu, tous les petits garçons du quartier étaient au courant de la disparition de la petite brebis depuis hier et du retard de Saleh et son chien de rentrer de la colline. Le père menait le groupe de garçons vers la colline. Tout le monde ne se parlait pas. Le silence s'installait partout. Mais la marche continuait et le groupe ne tardait pas à arriver sur le sommet de la colline. Néanmoins, le groupe de chercheurs n'était qu'au pied de la colline.

Un oiseau solitaire, probablement un pigeon, s'envolait sur les têtes de sauveurs. "Peut-être a-t-il un message pour nous?" Se demandait le père. Le pigeon s'éloignait jusqu'au sommet de la colline, puis il faisait de retour et s'envolait encore une fois sur les têtes. Tous les membres du groupe s'arrêtaient où ils étaient et jetaient de coups d'oeil sur le pigeon. Cependant, cet oiseau se disparaissait dans l'ouest. Peut-être avait-il l'impression qu'il avait transmis son message et puis il s'en allait. Quoi qu'il en soit, l'apparition de l'oiseau ne donnait qu'un message pessimiste. A partir de ce message indirect du pigeon, le père était devenu extrêmement inquiété et a commencé à se préparer pour le pire.

Un petit garçon, peut-être le plus petit parmi nous, poussait un cri retentissant et dit, "Regardez, là-bas au sommet de la colline. Deux petites créatures sont en train de descendre de la colline". Le père et les garçons fixaient leurs regards vers les deux créatures. Tout soudain, tout le monde était devenu optimiste et un sourire s'esquissait sur le visage du père. Avec le passage du temps, l'obscurité dominait la clarté. Quelques étoiles faisaient leur apparition dans le ciel immense. Personne ne pouvait identifier les deux créatures qui s'avançaient plus au moins lentement. Le père ressentait qu'il y aura probablement une surprise qui allait bouleverser sa vie. Quelle surprise à tout le monde. Les deux créatures qui s'avançaient vers le groupe des sauveurs n'étaient que le chien et la brebis. Le père de Saleh s'arrêtait de marcher. Car il ne savait pas quoi faire à l'exception d'attendre l'arrivée du chien et de la brebis. Quand les animaux finirent leur descente, le père de Saleh se mit debout prés d'eux. Il voulait se communiquer avec les deux pour leur poser des questions sur le destin de son fils, mais il n'était pas possible de parler avec les deux. La brebis était saine et sauve et le chien montrait des signes de la fatigue.

Tous les garçons encerclaient les deux animaux, mais personne ne dit rien. Le chien aboyait deux ou trois fois. "Quelle rencontre!!" Dit le père. Malgré tout, le père de Saleh dit aux animaux. "Où est-il, mon fils, où se trouve-t-il, mon fils maintenant?" Bien entendu, les deux animaux ne dirent rien. Le petit chien se tournait vers le sommet de la colline et se mit à aboyer et à bouger la queue. Il n'était pas nécessaire au père à se réfléchir. Car il était sûr que son fils était là-bas dans la prairie. Il espérait de rencontrer son fils dans le pâturage. Sans attendre plus de temps il se remit à monter la colline. Il a demandé de tous les petits garçons, à l'exception de moi, Amin, d'attendre notre retour.

-Penses-tu qu'il est quelque part sur la colline? Demandai-je du père de Saleh qui ne voulait pas parler ou répondre.

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-J'espère, j'espère que rien de grave ne s'était arrivé à lui. Répondit le père.

-Je ne pense pas qu'il était une bonne décision de lui demander d'être le berger de la famille. Il est très petit d'être un berger. Dis-je au père de Saleh.

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-Ecoute-moi, Amin, ne me pose pas de telles questions. Ce n'est pas le temps pour ça. Il est tard à changer le destin de mon fils. Il est maintenant nécessaire de découvrir ce que le destin a fait à mon fils. Répliqua le père de Saleh.

Je n'avais pas l'intention de continuer à dialoguer avec le père. Il était tellement dépressif et dans une inquiétude intense que je le trouvais totalement préoccupé et absent.

Au cours de quelque temps nous sommes arrivés au sommet de la colline. Immédiatement nous nous sommes dirigés vers l'arbre solitaire où son petit avait l'habitude de jouer de la flûte et de se reposer. Là-bas se présentait au père la grande surprise de la destinée. Son petit fils, mon ami, paraissait comme s'il était dans un sommeil profond. La flûte était à ses deux mains. En réalité, le petit garçon était déjà mort depuis hier. La tête se reposait sur une grosse pierre et près de lui se reposait aussi un serpent noir et effrayant. Le serpent l'avait mordu. Pauvre petit, pour sauver la brebis égarée de la famille, il s'était perdu. Il avait rencontré son destin à qui il s'était cédé.

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